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Wavre - Le cheval, débardeur écologique
Sophie Devillers     La Libre.be   L'actu   Brabant   Article 
Mis en ligne le 06/07/2006

   Nonante et un débardeurs au cheval sont actifs en Wallonie, un seul dans la jeune province.
   Le cheval de trait a un potentiel économique, y compris en Brabant wallon.
   Démonstration ce dimanche à Wavre.

   Une taille oscillant entre 1,60 m et 1,75 au garrot, un poids se situant entre 800 et 1 tonne, un caractère calme et obéissant, une force de traction équivalente à son poids... Voici les atouts du cheval de trait belge, évolution du célèbre Brabançon.

   Vingt-quatre chevaux de traits ardennais et belges seront au travail ce dimanche à Wavre, guidés par une quinzaine de débardeurs venus de Bastogne ou de Libramont. En Wallonie, ils sont encore 91 professionnels à évacuer les troncs d'arbres des forêts grâce à la traction chevaline. En Brabant wallon, en revanche, ce métier séculaire a presque totalement disparu. Mais pas tout à fait. Pour remettre le travail du cheval à l'honneur, l'ASBL wavrienne Trait d'Union organise ce dimanche un concours de débardage et une journée d'activité sur ce thème. Martial Wuyts, sans doute l'unique débardeur professionnel brabançon wallon, ainsi que sa compagne Sabrina Frédéric sont en effet persuadés que les chevaux de traits ont encore un avenir, y compris dans la jeune province. «Dans les Ardennes, les chevaux de trait sont encore utilisés dans les forêts de résineux, qui sont là-bas très nombreuses, explique Sabrina, présidente de l'ASBL. Les sapins, plus légers, peuvent facilement être tirés par les chevaux. En outre, les plantations y sont très serrées. On a donc besoin du cheval, car il permet d'aller «débusquer» les troncs quel que soit le terrain et sans abîmer les plantations. Ce qui ne serait pas le cas des machines de débardage.» Mais en Brabant wallon, on compte peu de plantations de sapins, et l'habitude est en outre d'y réaliser des plantations aérées. «Le débardage au long (NdlR : qui permet d'évacuer les troncs entiers et de les vendre pour faire des planches, par exemple), le plus rentable, n'existe donc pratiquement pas en Brabant wallon, continue Martial Wuyts. Même si je travaille aussi dans les Ardennes, ici, dans la province, il fallait trouver d'autres créneaux. Le débardage a une connotation folklorique et une image passéiste, mais en fait il a un énorme potentiel économique.» Le débardeur wavrien a donc décidé, depuis 2 ans, de s'adresser aux particuliers, en associant une activité d'abattage et d'élagage des arbres au travail de ses chevaux: «Je me charge de couper les branches et, pour les évacuer, j'utilise le cheval. Un gain de temps, sinon il faudrait débiter les branches et les transporter à dos d'homme.»

   L'équipe a par exemple élagué les arbres puis débardé les bois au Château du Lac à Genval, où le propriétaire tenait à éviter aux pelouses les dégâts des machines de débardage. Autre chantier mené à bien : l'évacuation des branches sur les cinq hectares du parc communal de Rixensart. «Faire appel à des chevaux de trait, c'était la seule solution, car la société chargée d'élaguer les arbres était incapable de transporter ensuite le bois avec ses machines, explique l'échevine de l'environnement, Chantal de Cartier d'Yves. Il faut dire qu'il n'y a pas de véritable chemin d'accès et que la pente est raide. En outre, c'était écologique, il n'y avait pas de bruit, pas d'odeur et les riverains n'étaient pas dérangés...»

   Coût moyen pour une journée de travail avec un cheval de trait : entre 150 et 200 euros. «Dans l'absolu, c'est sans doute moins cher de réaliser le débardage à la machine, concède Martial, mais il faudrait ensuite remettre en état le terrain abîmé et là, ça peut être extrêmement coûteux...» Le travail de ces animaux «puissants, maniables, et adroits» guidés au «cordon» et à la voix par Martial a satisfait : ils seront à nouveau chargés de nettoyer la propriété communale dès le mois de septembre.

   Journée «La Forêt, des hommes et des chevaux», 9 juillet de 10 à 18 h, au Bois de Wibre (à hauteur des antennes de la RTBF), à Wavre. Tél: 0476.442.542

© La Libre Belgique 2006


Dernière mise à jour: lundi 18 septembre 2006